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Réduire les GES sans appauvrir le Québec : et si la solution passait par la productivité énergétique?

Alors que le débat refait surface sur la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) du Québec pour 2030, une chose est claire : le problème n’est pas l’ambition de la cible, mais notre capacité collective à transformer la société pour l’atteindre.

C’est le message central porté par Pierre-Olivier Pineau, professeur titulaire à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, dans un mémoire présenté récemment à la Commission des transports et de l’environnement.

Les grandes idées à retenir

 

  • La cible GES 2030 du Québec ne doit pas changer
    Pas parce qu’elle est facile, mais parce que le problème n’est pas la cible, c’est le chemin pour y arriver.
  • Le Québec a un paradoxe énergétique
    Nous sommes les meilleurs au Canada en émissions par habitant…
    … mais les moins performants quand vient le temps de réduire réellement nos émissions depuis 1990.
  • Acheter des crédits carbones ne règle rien sur le fond
    Le recours massif au marché du carbone (notamment avec la Californie) donne l’illusion de progrès, sans transformation structurelle de notre économie.
  • La clé : la productivité énergétique
    Produire plus de valeur, avec moins d’énergie et moins d’émissions.
    C’est là que se joue l’avenir économique et climatique du Québec.

 

Cinq secteurs doivent changer profondément :

 

  • Transport (moins de congestion, moins de véhicules surdimensionnés)
  • Bâtiments (performance, enveloppe, résilience)
  • Industrie (efficacité = compétitivité)
  • Agriculture (transition accompagnée)
  • Déchets (logique circulaire, tarification incitative)

 
Le bâtiment est un levier majeur.
Il représente près du tiers de la consommation d’énergie au Québec.
Un bâtiment performant est moins coûteux, plus résilient, et plus attractif financièrement.

Un Québec vertueux… mais peu transformé

Sur papier, le Québec fait bonne figure : ses émissions de GES par habitant sont les plus faibles au Canada. Mais derrière ce bilan flatteur se cache une réalité moins reluisante : depuis 1990, le Québec est la province qui a le moins réduit ses émissions totales parmi celles qui ont pourtant réussi à faire mieux.

Autrement dit, nous partions avec une longueur d’avance… que nous sommes en train de perdre.

 Miser sur les bons leviers, ici, chez nous

Le mémoire est clair : les réductions doivent d’abord se faire sur le territoire québécois, et non par l’achat massif de crédits d’émission ailleurs. La transformation doit être réelle, structurelle et durable.
Et c’est ici qu’entre en jeu une notion clé : la productivité énergétique.
Produire plus de valeur économique, avec moins d’énergie et moins d’émissions. Un objectif ambitieux, certes, mais parfaitement atteignable.

Le bâtiment : un pilier de la transition

Le secteur du bâtiment représente près du tiers de la consommation énergétique du Québec. C’est donc un levier stratégique incontournable.

Des bâtiments plus performants, c’est :

  • une réduction durable des besoins énergétiques ;
  • moins de pression sur les infrastructures électriques ;
  • des actifs plus résilients face aux aléas climatiques ;
  • et une meilleure valorisation financière à long terme.

À l’inverse, les bâtiments non performants deviennent de plus en plus vulnérables  aux risques réglementaires, financiers, énergétiques et climatiques.

Transformer plutôt que compenser

Transport, bâtiment, industrie, agriculture, gestion des déchets : les solutions sont connues, souvent rentables, et bénéfiques autant pour l’économie que pour le climat.

Le défi n’est donc pas technologique.
Il est collectif, structurel et décisionnel.

Réduire les GES tout en enrichissant le Québec n’est pas une utopie.
C’est un choix de société.

 

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